Les alicaments, terme mêlant aliment et médicament, engendrent de nombreuses interrogations sur leur véritable impact sur notre santé. De la margarine anticholestérol au yaourt enrichi en bifidus, l’heure est au doute. Qu’ont-ils à offrir réellement pour notre bien-être ?
Alicaments : une définition éclairante
Le terme « alicament », souvent utilisé pour désigner des produits alimentaires revendiquant des vertus pour la santé, est également connu sous les appellations de « pharmafood » ou « nutraceutique ». Les nutritionnistes préfèrent souvent parler d'aliments fonctionnels afin d’éviter la confusion qui pourrait naître entre aliments et médicaments. On trouve parmi les alicaments courants des produits comme les huiles équilibrées pour le cœur et certaines boissons fermentées qui visent à renforcer le système immunitaire. Les allégations sur les produits — telles que « les fibres améliorent le transit intestinal » — sont des mentions clés souvent affichées par les fabricants.
Les alicaments peuvent-ils guérir ?
Il est crucial de préciser qu’aucun aliment à lui seul ne peut guérir une maladie. Des allégations de prévention ou de traitement, telles que « prévenir l’ostéoporose », sont interdites par la législation européenne. Contrairement à d'autres pays comme le Japon ou les États-Unis, la France reste stricte sur les propriétés assignées aux aliments, comme l’explique le Pr Arnaud Basdevant, spécialiste en médecine et nutrition.
Comment ces qualités sont-elles acquises ?
Les produits alimentaires améliorés sont généralement obtenus par le renforcement de leurs composants naturels, tel que le calcium dans le jus d'orange, ou par l'ajout de nutriments essentiels comme les oméga-3 dans les produits laitiers. Pour cela, les industriels peuvent nourrir les poulains avec des graines riches en oméga-3 ou retirer des substances indésirables, comme dans le cas du riz hypoallergénique. Cette approche vise à maximiser les bienfaits nutritionnels tout en minimisant les risques pour les consommateurs.
Evaluation scientifique des alicaments
Les alicaments doivent subir un examen rigoureux par l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire). Cette agence évalue les dossiers fournis par les fabricants pour déterminer les bénéfices revendiqués, qui doivent être soutenus par des tests scientifiques. Cependant, même des produits enrichis ne reçoivent pas toujours un feu vert. Par exemple, des bonbons enrichis en vitamine C ont été jugés insuffisants en raison de leur teneur élevée en sucre. Seules quelques margines et produits spécifiques ont été approuvés jusqu'à présent.
Les risques liés aux alicaments
Bien qu'indispensables au bien-être, certaines vitamines et minéraux peuvent devenir toxiques à des doses excessives, soulignant ainsi la prudence à avoir vis-à-vis des produits riches en nutriments. Une consommation excessive de certains aliments enrichis peut mener à des effets indésirables, même si le risque de surdosage reste faible.
Alicaments : l’avenir de notre alimentation ?
Avec la montée des produits sanitaires dans le secteur alimentaire, il existe un risque que notre alimentation se tourne exclusivement vers ces options, reléguant au second plan le plaisir gustatif. Toutefois, le Pr Basdevant reste optimiste quant à la capacité des consommateurs européens à maintenir l’équilibre entre santé et plaisir dans leur alimentation.
Les alicaments les plus prometteurs pour la santé
- La margarine contenant des phytostérols peut réduire le taux de cholestérol LDL de 10 à 15 % en trois semaines.
- Les yaourts probiotiques et les boissons enrichies favorisent une flore intestinale saine, bien qu'il faille rester vigilant sur les doses.
- Les aliments enrichis en oméga-3, de leur côté, soutiennent la santé cardiovasculaire.
Il est donc essentiel de rester informé et de garder à l’esprit que ces produits, bien que potentiellement bénéfiques, doivent être intégrés dans le cadre d’une alimentation équilibrée.







