À l'approche de l'automne, le moment idéal pour planter des bulbes et préparer des massifs floraux pour le printemps se profile. Des jardiniers, désireux d'économiser, envisagent parfois de prélever des bulbes de jonquilles sauvages en forêt. Mais sont-ils vraiment autorisés à le faire ?
Différences entre jonquille sauvage et horticole
Avant d'explorer la légalité de la cueillette, il est essentiel de comprendre la distinction entre les jonquilles sauvages et horticoles. À noter que toutes les parties de ces plantes sont toxiques, surtout les bulbes.
La jonquille sauvage
La jonquille sauvage, ou narcisse jaune (Narcissus pseudonarcissus), est connue sous divers noms selon les régions, prêtant parfois à confusion. Cette plante bulbeuse mesure entre 20 et 40 cm de hauteur et possède de 2 à 4 feuilles allongées et lisses, d'un vert glauque.
Sa floraison, remarquablement belle, débute dès mars, avec de grandes fleurs jaunes à six pétales entourant une couronne tubulaire crénelée. Souvent en colonies, elles abondent dans les bois, prairies et bords de chemins, sur des sols humides.
La jonquille horticole
Le narcisse horticole (Narcissus spp.) regroupe plus de 200 espèces, dont de nombreux hybrides et cultivars, classés en 11 groupes selon leurs caractéristiques. Contrairement à la jonquille sauvage, ses fleurs peuvent être jaunes, blanches, roses ou orangées, et elles sont pratiquement toutes parfumées.
Ces jonquilles se cultivent dans des sols frais et bien drainés, généralement sous des arbres caducs qui leur apportent un ensoleillement filtré.
La situation légale des jonquilles sauvages
Bien que la jonquille sauvage ne soit pas protégée par la loi, son arrachage peut menacer son existence. Ainsi, il est conseillé d’adopter une approche respectueuse lors de la cueillette.
Cueillir des jonquilles : les bonnes pratiques
Le mois de mars évoque des forêts colorées par les fleurs de jonquilles sauvages. Toutefois, attention ! Une cueillette excessive peut nuire à leur population. L’Office national des forêts (ONF) recommande de suivre certaines règles :
- Bouquets limités : ne pas dépasser 10 à 15 tiges par personne.
- Pas de commerce de jonquilles.
- Couper proprement les tiges à la base sans arracher les bulbes.
- Pas d'arrachage de bulbes, un acte préjudiciable à leur cycle de vie.
D’autre part, la réglementation varie selon les zones :
- Forêts domaniales : cueillette tolérée, mais avec modération.
- Forêts communales : se renseigner auprès de la mairie.
- Propriétés privées : demander l'autorisation au propriétaire.
- Espaces protégés : cueillette généralement interdite.
Pourquoi éviter le prélèvement des bulbes ?
Le non-respect de ces règles fragilise les jonquilles sauvages. La période de floraison ne coïncide pas avec un arrachage raisonné des bulbes, car ces derniers ont besoin de leurs réserves pour refleurir l’année suivante.
Pour les bulbes horticoles, ceux-ci ne doivent être arrachés qu'une fois le feuillage complètement fané. Ainsi, un arrachage en pleine floraison ne garantira ni leur survie ni leur floraison future.
En conclusion, oui, il est préférable de ne pas prélever les bulbes de jonquilles sauvages pour les planter chez soi. Vous aurez davantage de succès avec les cultivars disponibles en jardinerie.







