Ancien pompier volontaire ayant choisi de vivre sur le littoral après sa retraite, André Jabier a décidé de s'impliquer comme bénévole à la SNSM à l’âge de 56 ans. Un engagement qu’il espère maintenir aussi longtemps que possible.
À la gare de Granville (Manche), je repère facilement André Jabier, arborant fièrement sa veste de sauveteur en mer. "Avec ça, j'étais sûr que vous me reconnaîtriez!" dit-il en souriant. Accompagné par sa compagne Fabienne, également bénévole à la SNSM, nous faisons le chemin jusqu’à leur domicile, que le natif de Saint-Lô a lui-même conçu. À 58 ans, André a un parcours riche, avec des années à travailler pour la RATP tout en étant pompier volontaire le jour. Sa passion pour le sauvetage est née d'un besoin d'entraide, mais aussi de solitude qu'il trouve dans le modélisme. Loin de considérer la retraite comme une fin, il a embrassé le rôle de sauveteur en mer avec enthousiasme.
Transition vers le sauvetage en mer
Notre temps: Après avoir été pompier volontaire, qu'est-ce qui vous a poussé à devenir sauveteur en mer?
André Jabier: Mon histoire avec les pompiers a commencé par hasard à 33 ans lors d’un incident avec ma voiture. Après quinze ans de service, une blessure m’a contraint à arrêter. Installé près de Granville, j'ai envisagé de devenir gendarme réserviste mais ai découvert la SNSM grâce à un collègue de ma femme. Après quelques réflexions, je me suis lancé.
Votre rôle au sein de la SNSM
N.T.: Quel est votre rôle précis dans ce dispositif?
A.J.: À la SNSM, je participe en tant que nageur-sauveteur, intervenant au-delà des 300 mètres de la plage. J'ai récemment été nommé président de notre station, une responsabilité qui implique de gérer l’administratif et de coordonner les bénévoles. J'ai constitué un bureau d’écoute avec d’autres membres expérimentés pour m’accompagner.
Les motivations du sauvetage
N.T.: Qu'appréciez-vous le plus dans votre mission?
A.J.: J'adore travailler en équipe. Les membres de ma station viennent de divers horizons, et chacun y apporte ses compétences. Être sauveteur me permet d'apprendre constamment. J'ai suivi plusieurs formations, dont celle de plongeur professionnel, ce qui m'a permis d'améliorer mes capacités d'intervention.
N.T.: Avez-vous une appréhension face aux risques?
A.J.: Je n'ai pas de problème à prendre des risques! J'apprécie les montées d'adrénaline, tout en gardant un sens des responsabilités. Pour moi, sauver des vies est une mission vitale, et l'expérience me rend compétent pour agir face aux imprévus.
N.T.: Votre expérience face à des victimes?
A.J.: Je gère les situations comme lors de mon temps chez les pompiers. Après une intervention, je garde mes émotions pour moi, afin de rester objectif et concentré sur l'aide à apporter.
N.T.: Certains vous considèrent comme un héros...
A.J.: Pour moi, les héros sont dans les films! Je ne fais pas cela pour la reconnaissance, mais par passion. Seule la vieillesse mettra fin à cette activité, mais je compte continuer aussi longtemps que possible.
Voulez-vous vous engager?
En 2020, la SNSM comptait 9030 bénévoles, dont une grande partie, comme André, se consacre au sauvetage en mer. La SNSM est constamment à la recherche de bénévoles pour diverses missions, que vous soyez sur terre ou en mer. Pour soutenir cette noble cause ou devenir membre, visitez: www.snsm.org.







