Les étiquettes comme le nutri-score sont censées fournir une vue d'ensemble sur la qualité nutritionnelle des aliments. Mais dans quelle mesure influencent-elles nos choix alimentaires ? Une récente étude menée par des chercheurs français offre des perspectives intéressantes.
Une analyse de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) en début d'année suggérait que les systèmes d'étiquetage alimentaire étaient inefficaces. Cependant, une nouvelle recherche publiée dans PLoS conteste ces conclusions. Les résultats indiquent que ces indicateurs nutritionnels pourraient jouer un rôle crucial dans la prévention du cancer.
Une étude sur l'impact du nutri-score
Depuis son instauration en octobre 2017, le nutri-score a été scruté sous toutes ses coutures. Les chercheurs ont étudié les habitudes alimentaires de plus de 470 000 adultes, révélant que ceux qui consomment régulièrement des aliments mal notés And également un risque accru de 7 % de développer un cancer.
Pour évaluer l’efficience du nutri-score, chaque aliment de l'enquête a été noté à l'aide d'un système similaire, conçu par la British Food Standard Agency. Parmi les participants, la moitié a été suivie sur plus de 15 ans, permettant une analyse approfondie des habitudes alimentaires.
« Nous avons examiné la consommation alimentaire et pondéré chaque produit en fonction de sa quantité, en créant différents groupes selon les niveaux de santé des régimes alimentaires », a expliqué la docteure Mathilde Touvier, l'une des coordonnatrices de l'étude. Les résultats ont été ajustés selon des facteurs comme l'âge, le niveau d’éducation et les habitudes de vie, notamment le tabagisme et l’activité physique.
Une préoccupation croissante : 50 000 cas de cancers
Près de 50 000 cas de cancer ont été identifiés au sein de l'échantillon. Les données révèlent une prévalence notable de cancers coliques, gastriques et des voies aérodigestives supérieures. Les hommes semblent plus touchés par le cancer du poumon, tandis que les femmes sont davantage affectées par le cancer du foie et du sein après la ménopause.
Ces résultats corroborent une étude antérieure de 2018, qui avait déjà établi un lien entre la consommation d'aliments ultra-transformés – souvent mal notés par le nutri-score – et l'incidence du cancer. De ces nouvelles données, les chercheurs concluent : « Cela confirme l’importance du système FSAm-NPS, dérivé du nutri-score, comme un outil de profilage nutritionnel utile pour les étiquettes alimentaires. » Toutefois, il est crucial de souligner que la consommation occasionnelle de ces produits ne présente pas de risques significatifs, à condition de rester raisonnable.







