Plus d'un million de Français ont pris la décision de s'expatrier une fois à la retraite, une tendance qui a doublé en dix ans. Si beaucoup choisissent des destinations en Europe, comme le Portugal, certains se dirigent vers des pays plus lointains tels que le Maroc, l'outre-mer ou l'île Maurice. Toutefois, s'installer à l'étranger exige des préparations minutieuses, allant du choix du pays à des démarches administratives essentielles.
Les démarches incontournables pour toucher sa retraite à l'étranger
Informer les caisses de retraite
Les retraités français peuvent continuer à percevoir leur pension de retraite, tant de base que complémentaire, en vivant à l'étranger. Pour ce faire, il est crucial d'informer vos caisses de retraite de votre nouvelle adresse, vos coordonnées de contact et celles de votre compte bancaire. Les pensions peuvent être versées soit sur un compte français, soit sur un compte ouvert dans votre pays d'accueil.
Les fonctionnaires retraités peuvent aussi choisir de percevoir leur pension par l'intermédiaire de l'ambassade ou du consulat de leur nouveau lieu de vie.
À noter que l'Allocation de solidarité des personnes âgées (Aspa) n'est pas accessible aux retraités vivant hors de France, car la résidence en France est une condition essentielle.
Attester de votre existence
Pour continuer à toucher votre retraite, il est obligatoire de fournir un certificat de vie. Ce document, qui prouve que vous êtes toujours en vie, doit être renouvelé une fois par an. L'Assurance retraite gère désormais ce processus de manière centralisée, facilitant l'envoi des attestations aux régimes concernés.
La démarche implique de faire compléter ce certificat par les autorités locales (mairies, commissariats) et de l'envoyer dans un délai de trois mois. Si vous omettez de respecter cette échéance, le paiement de vos pensions pourrait être suspendu.
La fiscalité des retraites à l’étranger
Les pensions de retraite des Français expatriés sont soumises à des règles fiscales qui varient selon le pays de résidence. Selon les accords en place, vous pourriez devoir payer des impôts exclusivement en France, uniquement dans votre pays d'accueil, ou dans les deux. En cas de convention fiscale, des dispositions sont prévues pour éviter la double imposition, mais il est crucial de se renseigner sur les règles spécifiques à votre nouveau pays.
En plus des impôts, les retraités peuvent être assujettis à certaines cotisations sociales, mais généralement pas à la CSG et à la CRDS. Selon certaines conditions, des exonérations peuvent s'appliquer.
Accès aux soins de santé à l'étranger
Les modalités de couverture des soins médicaux varient en fonction de votre pays de résidence.
En Europe
Pour ceux qui prennent leur retraite dans un pays de l'Union européenne, les frais de santé sont pris en charge par le système du pays d'accueil ou durant des séjours temporaires en France. Il est indispensable de faire une demande auprès de votre caisse de retraite en remplissant le formulaire adéquat.
En dehors de l’Europe
Pour les retraités situés hors de l'Europe, la Sécurité sociale ne couvre pas les frais médicaux. Toutefois, des conventions peuvent exister avec certains pays, facilitant la prise en charge des soins. Pour des situations sans accord, il est recommandé de souscrire un contrat d'assurance privé, notamment avec la Caisse des Français de l'Étranger (CFE), afin de se prémunir contre les coûts médicaux élevés.







