Peu d'études se penchent sur les dépenses des riches, un groupe aux contours flous, surtout en comparaison avec les plus modestes. Néanmoins, nous pouvons brosser un tableau révélateur des différences notables dans les comportements de consommation.
Dépenses similaires, montants différents
Les riches et les ménages modestes partagent des catégories de dépenses, mais avec des niveaux très disparates. En effet, les dépenses pour l'alimentation, le logement et les loisirs sont communes, mais les riches y consacrent des montants largement supérieurs.
Logement : une perspective privilégiée
Un grand nombre de riches sont propriétaires de leurs logements, et même en tant que locataires, ils allouent une part de leur revenu beaucoup plus faible à ce poste. Selon l’Observatoire des inégalités, 84 % des riches propriétaires consacrent moins de 25 % de leurs revenus au remboursement de leur crédit, alors que ce chiffre s'élève à 68 % pour les ménages moins nantis. Et pour ceux qui sont locataires, 61 % dépensent moins de 15 % de leurs ressources pour le loyer, contre seulement 18 % pour les plus modestes.
Leurs choix de logement s'étendent souvent à des habitations spacieuses, dans des quartiers prisés, offrant ainsi des conditions de vie bien supérieures.
Alimentation : qualité versus quantité
Quand il s’agit de nourriture, les plus riches dépensent en moyenne moins proportionnellement à leur revenu que les plus modestes. Les 20 % les plus riches allouent 14 % de leurs dépenses à l'alimentation, alors que les 20 % les plus modestes y consacrent 18 %. Ce fossé se creuse également au niveau de la qualité des aliments choisis, les riches optant pour des produits bio et frais tandis que les plus modestes se rabattent souvent sur des options moins coûteuses.
Dépenses de transport : une liberté de mouvement
Concernant les transports, riches et modestes allouent une part similaire de leur budget. Toutefois, les riches se distinguent par une fréquence et une distance de voyage beaucoup plus élevées. Par exemple, les 10 % les plus riches parcourent en moyenne 7 900 km par an en avion, contre seulement 1 300 km pour les ménages les plus modestes.
Des dépenses inaccessibles pour les moins nantis
Bien que les catégories de dépenses puissent se ressembler, les riches ont un levier que les modestes ne peuvent se permettre : une flexibilité financière sans égale. Leur capacité à investir dans plusieurs propriétés, à choisir des véhicules haut de gamme ou à acheter des œuvres d’art, les distingue clairement des ménages modestes.
À titre d'exemple, une étude de l'Insee souligne que plus un ménage possède de biens immobiliers, plus son niveau de vie est élevé. De plus, 33 % des 10 % les plus favorisés disposent de services à domicile pour alléger leur quotidien, un recours peu fréquent parmi les ménages les plus modestes.







