Presque invisible mais omniprésent, l'additif alimentaire E171, connu sous le nom de dioxyde de titane, pourrait être à l'origine de lésions précancéreuses chez les rats. Cette découverte, révélée par une étude de l'Institut national de recherche agronomique (INRA), soulève des inquiétudes quant à son impact sur la santé humaine. Le gouvernement français a demandé à l'Anses d'évaluer le risque potentiel de cet additif largement utilisé.
Le dioxyde de titane, souvent repéré sur les étiquettes alimentaires par la mention « E171 », se cache dans de nombreux produits courants tels que les bonbons, les dentifrices, les plats préparés et même certains chocolats. Une enquête précédente menée par l'association Agir pour l'Environnement avait identifié des marques célèbres telles que M&M's, Skittles et Milka parmi celles qui en contiennent. L'ampleur de cette utilisation est alarmante.
Une étude qui interpelle
Au cours d'une étude approfondie sur une période de 100 jours, les chercheurs de l'INRA ont observé des rats nourris régulièrement avec du dioxyde de titane. Les résultats étaient plus que préoccupants : 40% des rats ont montré des lésions précancéreuses au colon. Dans un second groupe de rats déjà affectés, la consommation continue de cet additif a exacerbé les lésions chez 20% d'entre eux.
Fabrice Pierre, co-auteur de l'étude publiée dans la revue Scientific Reports, indique : "Ces résultats montrent que l'exposition orale au E171 a initié et favorisé la croissance de lésions précancéreuses, mais nous ne pouvons pas tirer de conclusions sur le caractère cancérogène de cet additif ni extrapoler ces résultats à l'homme." Ces nuances restent essentielles à prendre en compte.
Des décisions en attente
En réponse à ces préoccupations, le ministère de la Santé, de l'Économie et de l'Agriculture a décidé de solliciter l'Anses pour évaluer les dangers potentiels de l'E171 sur la santé publique. Les conclusions de l'agence sont attendues pour mars 2017, et la communauté scientifique et le grand public restent en veille face à ces révélations qui pourraient transformer notre perception des additifs alimentaires.







