Le rachat de trimestres peut se révéler à la fois judicieux et lucratif, mais cela dépend de plusieurs facteurs. Deux spécialistes de l'Assurance retraite et de l'Agirc-Arrco nous apportent des éclaircissements sur ce sujet, ainsi que sur les montants à prévoir.
À l'approche de la retraite, vous vous interrogez peut-être sur la nécessité de continuer votre activité professionnelle ou d'opter pour le rachat de trimestres de cotisation à votre caisse de retraite de base. Mais est-ce un investissement intéressant ? Quels sont réellement les coûts associés ? Depuis sa mise en place par la loi Fillon en 2003, le rachat de trimestres, couramment désigné comme "versement pour la retraite", soulève de nombreuses questions. Décryptons ensemble ce mécanisme.
Qu'est-ce que le rachat de trimestres retraite ?
Le rachat de trimestres permet aux assurés d'inclure dans leur calcul de retraite des périodes pendant lesquelles ils n'ont pas cotisé. Cette option offre la possibilité de racheter jusqu'à 12 trimestres, l'équivalent de trois années. Pour bénéficier d'une retraite à taux plein, il est généralement requis d'avoir cotisé un certain nombre de trimestres, qui évolue selon votre date de naissance. Par exemple, si vous êtes né en 1973 ou après, vous devez totaliser 172 trimestres, soit 43 ans de travail. En cas de manque, le rachat de trimestres devient une stratégie envisageable pour compenser cette lacune. Voici trois types de périodes qui peuvent être rachetées :
- Les années d'études supérieures ;
- Les années incomplètes, où moins de 4 trimestres d'assurance retraite ont été comptabilisés ;
- Les stages d'apprentissage liés à des études supérieures.
Qui est concerné par le rachat de trimestres ?
Il est essentiel de noter que le rachat de trimestres ne permet pas de partir à la retraite avant l'âge légal. Philippe Bainville, expert à l'Assurance retraite, précise que les intéressés doivent comprendre que cette procédure est soumise à certaines conditions. Pour un salarié du secteur privé, il faut être âgé d’au moins 20 ans et moins de 67 ans.
En outre, il est impératif de ne pas avoir déjà sollicité votre pension de retraite auprès de l'Assurance retraite. Les travailleurs indépendants ou fonctionnaires devront, quant à eux, respecter d'autres critères spécifiques.
Coût du rachat de trimestres
Le prix du rachat de trimestres varie selon différents facteurs, notamment l'âge et les revenus de l'assuré. De plus, les coûts fluctuent selon l'option choisie, que ce soit pour une revalorisation du taux ou pour l'allongement de la durée d'assurance. Pour obtenir une estimation précise, il est conseillé d'utiliser le simulateur mis à disposition sur le site de l'Assurance retraite, qui peut donner des résultats en un temps record. En moyenne, il faut prévoir environ 5 000 euros par trimestre pour ceux qui approchent de la retraite.
Il est également possible de négocier avec son employeur pour qu'il participe au financement du rachat, surtout en cas de départ d’entreprise. Pour un rachat d’un trimestre, le paiement doit être effectué en une seule fois, tandis que pour plusieurs trimestres, un paiement échelonné peut être proposé. À noter que le montant du rachat est déductible des impôts, ce qui peut alléger la fiscalité.
Exemple de rachat de trimestres
Philippe Bainville illustre ses propos avec un exemple concret : un salarié proche de l'âge de la retraite avec un déficit de 4 trimestres devra débourser environ 25 000 euros pour les racheter. À l’inverse, un autre salarié dans la même situation qui choisit de continuer à travailler ou qui est en chômage obtiendra les trimestres manquants sans avoir à les racheter, lui permettant de bénéficier de sa retraite sans décote l'année suivante.







