Après une longue maladie, comme le cancer, vous rêvez d'un nouveau projet tel qu'un achat immobilier ? En 2025, plusieurs dispositifs facilitent l'accès au crédit, mais sont-ils réellement efficaces ?
Longtemps, emprunter après un cancer était perçu comme un véritable parcours du combattant. Aujourd'hui, plusieurs changements jouent en faveur des anciens malades grâce à des mesures comme le droit à l’oubli, l’allégement des exigences médicales, et une offre d’assurances plus adaptée.
L'assurance emprunteur : un ancien obstacle
Pour obtenir un crédit immobilier, l'assurance emprunteur est souvent indispensable. Cependant, pour ceux ayant connu une maladie grave comme le cancer, cette exigence peut s'avérer problématique. Les assureurs évaluent le risque par le biais d'un questionnaire de santé, ce qui peut entraîner des surprimes, des exclusions de garanties, voire des refus de couverture. De ce fait, même après une rémission prolongée, un emprunteur peut se voir refusé ou contraint de payer plus qu'un autre candidat à crédit.
Évolutions législatives en faveur des emprunteurs
Ces dernières années, des lois ont vu le jour pour protéger les emprunteurs à l'historique médical chargé, avec pour but de mettre fin à la discrimination et de garantir des pratiques plus justes chez les assureurs.
Droit à l’oubli
Le droit à l’oubli, instauré en 2016, permet aux anciens malades de ne plus mentionner leur pathologie passé un délai déterminé. Ce dernier, qui était de 10 ans, a été réduit à 5 ans grâce à la loi Lemoine de 2022. Ainsi, en 2025, nombreuses sont les personnes capables d’accéder à un crédit sans être pénalisées par un passé médical.
Simplification des conditions d'assurance
Avec la loi Lemoine, la nécessité de remplir un questionnaire médical a été écartée pour les prêts immobilier de moins de 200 000 euros dont le remboursement se termine avant 60 ans. Cette mesure vise à réduire les discriminations causées par l'historique médical.
La convention AERAS, signée entre l'État, les assureurs et les associations de patients, permet une évaluation en profondeur des dossiers à risque grâce à une grille de référence actualisée.
Des offres d’assurance de plus en plus inclusives
Face à ces évolutions législatives et aux efforts des associations, plusieurs assureurs adoptent des pratiques plus accueillantes. Des entreprises comme CNP Assurances et BNP Paribas Cardif proposent désormais des contrats sans surprime pour certains cancers. De plus, de nouvelles startups comme Luko et Otherwise explorent des solutions simplifiées, se passant de questionnaire médical pour les emprunts modestes.
5 conseils incontournables pour obtenir un prêt après rémission
Pour augmenter vos chances d'accès à un crédit après avoir battu le cancer, suivez ces conseils :
1. Vérifiez votre droit à l’oubli
Ce droit s'applique après 5 ans de fin de traitement sans rechute, permettant d'obtenir un prêt sans mentionner d'historique médical.
2. Optez pour un prêt sans questionnaire médical
Cela est applicable pour les prêts immobiliers ou professionnels de moins de 200 000 euros, remboursables avant 60 ans. Mentionnez la loi Lemoine lors de votre demande.
3. Comparez les assurances emprunteur
Le choix de l'assurance peut avoir plus d'impact que celui de la banque. Exploitez la possibilité de délégation d'assurance pour obtenir de meilleures conditions.
4. Utilisez la convention AERAS
Si vous n’êtes pas éligible au droit à l’oubli, faites appel à cette convention, qui propose une analyse à trois niveaux des dossiers à risque.
5. Consultez un courtier spécialisé
C'est un atout majeur pour naviguer dans le paysage complexe des assurances emprunteur, notamment concernant la convention AERAS.
En résumé, bien que la situation se soit améliorée depuis dix ans, emprunter après un cancer en 2025 reste encore complexe en raison des inégalités ou des procédures parfois obscures. Pour de nombreux anciens malades, les avancées juridiques doivent maintenant se traduire en succès concrets sur le terrain.







