Les sommes obtenues à l'issue d'un procès soulèvent une question essentielle : sont-elles assujetties à l'impôt ? Les personnes qui remportent un procès peuvent recevoir des montants d'argent sous forme de dommages-intérêts ou d'indemnités, mais toutes ces sommes ne sont pas nécessairement exonérées d'impôt. La réponse dépend avant tout de la nature des sommes perçues.
Classification des indemnités judiciaires
Pour déterminer si ces montants doivent être imposés, il est crucial d'en comprendre la qualification. En effet, celle-ci repose essentiellement sur le type de préjudice que les sommes visent à réparer :
Indemnités compensatoires
Ces sommes visent à remplacer un revenu imposable. Elles sont généralement attribuées dans les cas suivants :
- Perte de salaires due à une rupture abusive de contrat ;
- Perte de revenus pour les artisans ou les professions libérales ;
- Compensation pour des loyers ou pensions alimentaires non perçus.
Indemnités réparatrices
Ces montants, en revanche, n'ont pas pour but de remplacer des revenus mais de compenser un préjudice non pécuniaire tel que :
- Préjudice moral (souffrance psychologique) ;
- Préjudice corporel (invalidité) ;
- Préjudice esthétique.
Régime fiscal des indemnités
La question de l'imposition dépend non pas de l'origine du litige en lui-même, mais de la nature du préjudice qu'elles correspondent :
Les indemnités compensatoires s'apparentent à des revenus classiques et sont donc imposées dans la catégorie pertinente, tels que les salaires ou les bénéfices industriels et commerciaux (BIC). En revanche, les indemnités réparatrices ne sont pas considérées comme des revenus imposables, puisque leur objectif n'est pas d'enrichir le bénéficiaire.
Il est impératif de prêter attention à la qualification des indemnités, car un manque de précision pourrait entraîner une requalification fiscale non souhaitée.
Responsabilités fiscales des bénéficiaires
Les personnes qui perçoivent une somme jugée compensatoire doivent l'inclure dans leur déclaration de revenus. Selon la nature de l'indemnité, elle doit être rattachée à différentes catégories :
- Salaires si elle remplace un revenu ;
- BIC pour les pertes d'activité ;
- Bénéfices non commerciaux (BNC) pour les professions libérales ;
- Revenus fonciers en cas de perte de loyers.
Il en incombe également au bénéficiaire de conserver des justificatifs pour prouver la nature de l'indemnité et distinguer ce qui est imposable de ce qui ne l'est pas. Les documents essentiels comprennent le jugement, l'accord transactionnel, ainsi que les courriers ou expertises précisant le préjudice subi.







