Vivre sans avoir recours à l'argent, un concept qui peut sembler extravagant ! Comment gérer son loyer, satisfaire ses besoins essentiels, s'habiller ? Dans notre société moderne, l'argent demeure un outil essentiel pour assurer notre survie quotidienne. Face à ce constat, certains pionniers ont décidé d'opérer un virage radical en adoptant un mode de vie axé sur l'autosuffisance, défiant ainsi les normes monétaires. Au lieu de se soumettre à un système économique dont ils n’ont pas choisi d’être partie prenante, ils choisissent de se concentrer sur leurs besoins fondamentaux.
Optant pour une vie moins dépendante de l'argent, cette démarche implique une charge de travail conséquente, car tout doit alors être réalisé par soi-même. Est-ce envisageable ? Pour un individu déterminé, la réponse pourrait être positive. En revanche, à l'échelle d'une société urbaine, cela semble peu réaliste. Cela soulève des interrogations fascinantes sur notre interdépendance et notre besoin croissant de nous reconnecter à la nature, ainsi qu’à la provenance des biens que nous consommons. Mais que signifie réellement vivre de manière autosuffisante ?
Qu'est-ce que l'autosuffisance ?
L'autosuffisance évoque généralement la capacité d'un État à nourrir et faire prospérer sa population. Toutefois, certains optent pour une autosuffisance à une échelle personnelle, évitant ainsi toute dépendance extérieure. Cela implique de produire sa propre nourriture, de gérer son énergie, de coudre ses vêtements, et plus encore, tout en recyclant activement ses déchets et possédant son logement.
Cette transformation ne se réalise pas en un jour. Devenir autosuffisant sur le plan alimentaire demande du temps et de la patience, car les récoltes ne se font pas instantanément. Des figures comme l'Irlandais Mark Boyle ou le YouTuber Björn Duval illustrent bien ce cheminement. Bien que Boyle ait vécu trois années sans argent pour prouver qu'une vie plus connectée au local est possible, il cautionne aussi l'idée que vivre sans argent pourrait être impraticable, tant d'un point de vue personnel que communautaire.
L'autosuffisance présente des défis colossaux. Dans une société spécialisée, chaque individu occupe une fonction (boulangers, agriculteurs, médecins, etc.), et l'argent facilite les échanges. Sans cette monnaie d'échange, chacun doit donc satisfaire ses propres besoins, ou s'engager dans un système de troc basé sur des valeurs partagées. Ainsi, l'autosuffisance exige un engagement fort et soutenu. Cultiver des aliments, entretenir son habitat et produire sa propre énergie nécessitent du temps et un large éventail de compétences : jardinage, bricolage, conservation des aliments, etc. De plus, ce mode de vie peut ne pas convenir à tous, en particulier ceux ayant des limitations physiques ou de santé.
Pourquoi se tourner vers un tel mode de vie ?
Adopter l'autosuffisance peut être perçu comme le pendant positif du survivalisme, ce dernier misant sur un effondrement de la société et l’apprentissage de la survie en milieu hostile. Alors que l'autosuffisance rejette également notre contrat social avec l'argent, elle vise à déconnecter des excès d'un capitalisme consumériste.
Parmi les motivations des adeptes de ce mode de vie, se dessine un refus des dérives contemporaines. Ce choix s'inscrit souvent dans un mouvement de décroissance. Pour Boyle, la déconnexion à laquelle mène l'argent est à la source des problématiques actuelles : en achetant, par exemple, un produit fabriqué à des milliers de kilomètres, nous ignorons les conséquences environnementales et sociales de nos décisions. Éliminer l'argent, c’est, au contraire, se réengager dans une dynamique locale avec un impact direct sur la communauté et l’environnement.
Ce style de vie offre également un sens renouvelé à des existences souvent jugées aliénantes, allié à des préoccupations écologiques. Adopter une approche autosuffisante réduit l'empreinte carbone, limite la consommation, et face à un monde de plus en plus instable, cela peut également fournir une sécurité face à l'incertitude financière.
Voici cinq aspects clés à considérer pour embrasser cette vie autosuffisante :
L'habitat
Il est primordial de disposer d'un toit. Pour vivre sans dépendre de l'argent, il faut d'abord acquérir un terrain pour y bâtir une maison et cultiver. Cela nécessite un investissement en temps, en effort et, dans certains cas, en ressources financières. Un potager ne fleurit pas spontanément. Il faut donc être patient et travailler dur dans les premiers temps pour établir un cadre de vie durable.
Pour l'habitat, privilégiez des solutions écologiques qui minimisent les besoins énergétiques futurs. Des constructions telles que yourtes, tiny houses ou des maisons écologiques en bois ou terre sont d'excellentes options.
L'eau
L'eau demeure un bien essentiel et, comme l'indique Duval, peut poser de nombreux problèmes. Apprendre à la collecter, la purifier et en stocker est crucial face aux pénuries. Construire un puits ou utiliser des systèmes de récupération d'eau ainsi que des filtres sont des stratégies efficaces.
L'alimentation
Sans conteste, l'autosuffisance alimentaire est au cœur de cette démarche. Cela implique non seulement de planifier un jardin, mais aussi de récolter nourriture et éléments nutritifs de l'instant, grâce à la cueillette, l'élevage ou la permaculture, qui repose sur la mimétisation des écosystèmes naturels pour réduire le travail tout en maximisant la production.
Les besoins énergétiques
Libérer ses besoins énergétiques est essentiel. Voici quelques solutions envisageables :
- Panneaux solaires : production d'électricité autonome, avec des subventions possibles.
- Éoliennes domestiques : complément efficace en régions venteuses.
- Biogaz : production de gaz issue de déchets organiques.
- Chauffage au bois : une solution durable à partir de ressources naturelles.
N'oubliez pas de privilégier des appareils économes en énergie et d’adopter des gestes quotidiens pour une consommation raisonnée.
Économie de partage et troc
Même dans une vie autosuffisante, des échanges restent nécessaires. Recourir à l'économie de partage et au troc permet d'acquérir des biens ou services sans passer par l'argent. Échanger des compétences ou se rendre dans une ressourcerie pour proposer des activités en lien avec ses passions peut opérer une révolution dans le quotidien.
La vie en communauté, elle aussi, peut alléger le fardeau de l'autosuffisance solidaire, favorisant le partage de ressources et de savoir-faire. Si les défis sont nombreux, rejoindre un écovillage pourrait proposer une structure favorable à ce mode de vie.







