Une de nos lectrices s'interroge suite à l'annonce d'une revalorisation des pensions les plus modestes.
Elisabeth Borne, la Première ministre, a affirmé que sa réforme des retraites vise à garantir une meilleure "protection" pour les femmes. Lors d'une séance à l'Assemblée, elle a précisé : "Nous veillons aux femmes qui ont des carrières incomplètes, qui ont commencé à travailler plus tôt, et celles aux petites pensions. Ces dernières seront les premières à bénéficier de la revalorisation des petites pensions."
Les petites pensions touchées, mais pas tout le monde
En précisant son propos, Elisabeth Borne a évoqué le minimum contributif (mico), qui vise à atteindre une pension minimale de 1 200 € pour ceux ayant une carrière complète, à temps plein, au Smic. Toutefois, cette revalorisation a un impact limité, ne touchant qu'environ 40 000 personnes sur 800 000 prenant leur retraite chaque année. En revanche, entre 180 000 et 190 000 retraités actuels et futurs devraient bénéficier de l'augmentation du mico. En résumé, la réforme prévoit une hausse du socle de base du minimum contributif de 25 € et une majoration de 75 € pour ceux ayant au moins 130 trimestres cotisés.
Pour rappel, les nouveaux retraités verraient leur pension revalorisée d’environ 33 euros brut par mois et les retraités actuels, d'environ 57 euros. Les femmes, représentant 29% des bénéficiaires, sont mieux placées pour profiter de ces hausses, leurs pensions étant en moyenne 40% plus faibles que celles des hommes. Pour elles, cette revalorisation entraînerait un gain supplémentaire de 38 € brut/mois, alors que pour les hommes, le gain serait de 25 €.
Carrière hachée : quelles options ?
Que dire des femmes à la retraite avec des carrières hachées ? Pour elles, l'accès à la revalorisation est limité. En effet, le minimum contributif ne s'applique qu'aux carrières complètes, c'est-à-dire à ceux ayant tous leurs trimestres ou bénéficiant d'une retraite à taux plein. Par chance, pour celles qui sont encore actives, il est possible d'envisager de travailler jusqu'à 67 ans, âge à partir duquel la décote est annulée, permettant ainsi d'accéder plus facilement au minimum contributif.
Une étude gouvernementale indique que 60% de ceux qui attendent cet âge pour liquider leurs droits pourraient voir leur pension augmenter d’environ 20 euros brut par mois.
Une aide pour les aidants
Enfin, certaines femmes pourraient bénéficier d'une mesure récente qui leur permettra d'accéder au minimum contributif majoré : la prise en compte des trimestres d'Assurance vieillesse pour parent au foyer (AVPF), jusqu'à 4 trimestres, auparavant non considérés. Ce changement pourrait ouvrir la voie à 2% de femmes supplémentaires éligibles au mico majoré, touchant ainsi seulement un faible pourcentage des 400 000 femmes partant à la retraite chaque année.







