Les propriétaires de résidences secondaires continuent de faire face à la taxe d'habitation, dont les montants ont connu une augmentation de 31 % entre 2022 et 2023. Alors que les chiffres définitifs pour 2023 ne sont pas encore disponibles, des projections laissent présager une hausse supplémentaire pour 2024.
Une impasse fiscale pour les résidences secondaires
Depuis le 1er janvier 2023, la taxe d'habitation a été abrogée pour les résidences principales, mais les propriétaires de résidences secondaires restent assujettis à cet impôt local. Une récente communication d'un contribuable à MoneyVox illustre ce phénomène : le montant de sa taxe d'habitation a presque doublé cette année. Plusieurs facteurs expliquent ce bond des taxes d'habitation sur les résidences secondaires (THRS) dans certaines communes.
Des majorations inquiétantes dans les zones sous tension
Le calcul de la taxe d'habitation repose sur la valeur locative cadastrale de la propriété. Cette valeur est multipliée par un taux d'imposition fixé par chaque commune. Celles de plus de 50 000 habitants, confrontées à des tensions immobilières, peuvent appliquer une majoration de 5 à 60 %. Ces mesures ont vu le nombre de communes concernées passer de 308 en 2023 à 1 461 en 2024, tandis que le nombre total de communes en tension est passé de 1 136 à 3 697.
La plupart de ces collectivités appliquent un taux de majoration élevé, avec une augmentation moyenne de 40 %. Par ailleurs, la valeur locative cadastrale continue d'évoluer à la hausse, entraînant des augmentations inévitables dues à l'inflation récente.
Des disparités territoriales marquées
Cette situation accentue les disparités fiscales à travers le territoire français. Selon les données de la Direction générale des finances publiques (DGFiP), les montants moyens de la THRS varient considérablement : en Île-de-France, un contribuable paie en moyenne 1 851 euros, 1 307 euros en Provence-Alpes-Côte d'Azur et seulement 670 euros en Normandie. En un an, la taxe d'habitation des résidences secondaires a déjà vu son montant moyen passer de 764 euros à 1 001 euros.
La multiplication des communes ayant mis en place des majorations devrait engendrer une nouvelle hausse significative des taxes en 2024, intensifiant la pression financière sur les propriétaires de résidences secondaires.







